Oui, perplexe. Voilà mon état actuel.
Etant une expatriée en bonne et due forme, je m'intéresse particulièrement et ce depuis quelques mois, aux hauts et aux bas de la politique française. Je ne sais pas comment ca se passe chez vous mais j'aime autant vous le dire, vu de l'étranger c'est passionant. On se croirait volontiers dans un feuilleton digne des plus grands soaps américains.
Quelle est alors la raison de ma perplex-itude, vous demandez vous, avec raison.
Et bien, depuis des mois que je suis cette campagne et cette pré-campagne électorale, je ne sais toujours pas pour qui voter.
Certaines personnes font de leur "tendance" politique un sujet tabou, et vous regardent avec des yeux ronds comme des billes quand vous demandez "Et toi, tu voterais plutôt pour qui ?", comme si vous veniez de commettre quelque chose d'irréparable: "Mon dieu, elle a osé !". Vade retro Satanas.
Moi celà ne me pose aucun problème, je crois qu'il faut avoir le courage de ses opinions et que par conséquent, il n'y a pas de mal à partager son point de vue, tant que cela ne se fait pas dans un contexte ou cela pourrait mettre en danger votre vie.
Personnellement, j'ai toujours été plutôt de gauche. Il fut même un temps ou je voulais prendre ma carte du PS, mais quand j'ai lu sur leur site que les nouveaux adhérents devaient aller faire ce que j'appelle "de la propagande", je me suis dit qu'au final je préférais supporter les idées sans devoir me contraindre à convaincre qui que ce soit. J'aime trop la liberté de pensée et je respecte trop le fait que chacun soit libre de choisir les idées qu'il veut, sans qu'on ne l'y force, pour me voir dans la rue en train de convaincre le badaud que les idées du PS sont les meilleures.
A l'époque, entendre qu'on veuille choisir notre immigration, fermer les portes de la France à certains, alors qu'on brandit depuis toujours notre "Liberté, Egalité, Fraternité" à la face du monde, m'était insupportable. Plus je les entendais, ces idées et plus j'avais envie de vomir, et je vomissais d'ailleurs de manière générale les idées de droite, pas assez sociales, pas assez "humaines" à mon goût.
Ca, c'était déjà il y a quelques années.
Alors vous vous doutez bien que si j'insiste sur le fait que "ça, c'était il y a quelques années", c'est qu'entre-temps il y a eu du changement.
Il faut dire aussi qu'à l'époque, j'étais étudiante, un peu rêveuse et pas très au fait des réalités économiques : j'habitais dans un studio au plein milieu du 6ème arrondissement de Paris (l'un des plus chers pour ceux qui ne connaissent pas), loyer et nourriture payés par mes parents, j'avais un bon train de vie, je faisais mes courses alimentaires au Bon Marché, et ma facture de téléphone dépassait très régulièrement les 800 francs. Pour ceux qui n'auraient pas encore saisi : c'était la belle vie, et, je me le dis maintenant : vu le contexte, il était facile de me permettre de belles pensées de gauche. Parce que vouloir que l'humanité toute entière soit heureuse c'est bien, mais de toute évidence je n'avais aucune notion des réalités économiques; il était donc facile (et peut être même très "in", si je me rappelle mon cercle d'amis) de s'insurger en écoutant des idées de droite.
Aujourd'hui, presque cinq ans après, je travaille, à l'étranger, et je regarde de loin la France s'enfoncer dans un gouffre qui me semble au fil des mois de plus en plus profond. Alors évidemment cela me peine, et je donne aux élections à venir une importance absolument capitale.
Pour moi, cette élection est cruciale dans le sens ou il faut trouver LE (ou LA, hein, je ne voudrais pas qu'on me taxe de sexiste) candidat(e) qui puisse permettre à la France de remonter la pente. Et fissa.
Seulement voilà. Je regarde à gauche. Je regarde à droite. Je regarde au centre.
Je ne vois rien qui me convainque.
Il est encore temps, me direz vous, l'élection n'est que le 22 avril. Soit. Mais moi celà m'inquiète ! Auparavant je savais toujours pour qui voter.
Je regarde Ségo, et je suis toujours partagée entre l'hilarité la plus totale, et la dépression. Non, vraiment, Ségo, j'y arrive pas. Les idées ne collent plus aux miennes, et toute sa façon d'être et de faire m'insupporte. On dirait un robot qui récite un texte appris par coeur. Depuis le début je le dis: elle est aussi dynamique qu'un mollusque.
Il lui en a fallu du temps pour montrer un peu de tempérament lors de son discours de Villepinte (j'espère ne pas me tromper sur les noms). Et bien vous savez quoi, moi qui réclamais plus de dynamisme de sa part, j'ai fini par regretter d'y avoir seulement pensé, car quand j'ai écouté/vu son discours, ça m'a fait plus peur qu'autre chose. En bref, et selon moi, cette femme n'est pas prête pour ce rôle et n'arrive définitivement pas à me convaincre.
Je regarde Sarko, et je me dis: Sarko est infiniment meilleur orateur que Ségo, that's a given. Ancien avocat, il est certain qu'il sait comment convaincre et comment argumenter. Il a du punch, il est dynamique, c'est - personnellement - ce genre d'attitude que je recherche chez un prétendant au poste de président. Il dit tout haut ce que beaucoup de personnes pensent tout bas, et j'adhère d'ailleurs à pas mal de ses idées.
Mais.
Il y a un quelque chose qui cloche, qui fait que je ne suis pas totalement convaincue. Sa politique étrangère par exemple. Ou va-t-il emmener la France ? Il faut redresser la France, il faut défendre la France et à ce sujet, je ne suis pas sûre que son orientation me plaise. J'ai donc un doute.
J'ai un autre doute du au fait que justement, il est très bon orateur et peut donc convaincre facilement. Quant à ce qui sera effectivement fait par la suite....who knows. De ce côté là j'aurais plutôt tendance à dire que Ségo respecterait ses engagements.
A part celà, je le sais bien, il y a bien d'autres partis et bien d'autres candidats. J'avoue ne pas m'être penchée suffisamment sur Bayrou pour pouvoir en parler de manière aussi catégorique que les autres zigotos. Ce qui m'ennuie avec lui c'est qu'il se présente comme étant l'alternative à Ségo ou Sarko, l'homme-tampon au milieu. Alors c'est très bien, moi ca me fait une belle jambe (que j'ai déjà de fort belle, hein, un petit lançage de fleurs au passage ne fait jamais de mal), mais derrière ça, qu'est ce qu'il y a ? Y'a t'il d'ailleurs quelque chose ?
Je trouve qu'on ne l'entend pas assez, Bayrou. Trop discret.
Sinon les idées des verts me correspondent beaucoup également, mais après la frayeur de 2002 je me suis dit que je ne referai pas deux fois la même erreur : le vote "je me fais plaisir alors je vote pour un tout petit candidat parce que de toute façon ce sont les deux grands favoris qui passeront", je ne referai plus. On a bien vu ce que ça a donné.
J'avais immensément regretté à l'époque, le retrait de Jospin de la vie politique, alors que je le donnais gagnant de cette élection, et que j'avais voté pour un tout petit parti de gauche - dont je ne me rappelle aujourd'hui même plus le nom ! Quel gâchis.
Non, cette fois ci, il s'agit de ne pas se tromper d'élection. Je ne voterai pas pour un parti qui n'a aucune chance de passer le premier tour. Pas alors qu'on joue l'avenir de la France.
D'ailleurs, our en revenir aux verts deux secondes, je trouve également leurs idées bonnes, innovatrices, mais peut être trop loin des réalités économiques de ce pays.
Voilà, pour faire pas-si-bref, ou j'en suis actuellement. Des mois de perplexitude. Et ca ne risque pas de s'arranger, jai l'impression.
Allez, je vais "investiguer" le candidat Bayrou. Qui sait, j'y trouverai peut être de bonnes idées.
A plus les loulous !
PS - je sais que la politique est un sujet sensible, mais votre avis sera particulièrement bienvenu. C'est toujours intéressant d'avoir un avis "de l'intérieur".
Entreprises nombreuses et fleurissantes + retour au travail + politique efficace de l'emploi + réduction du train de vie de l'Etat + redimensionnement de la fonction publique + assainissement des finances publiques + fin de l'assistanat systématique + efficacité de la police, de la justice et de la Défense + immigration contrôlée --> vote à droite.
Bayrou pourrait être une option, mais il n'a personne derrière lui avec qui gouverner s'il était élu.
Le Pen est trop isolationnaiste, ce serait un retour en arrière néfaste à l'économie et au développement de la société en général.
Il reste Sarkozy.
>> J'adore ta facon de voir les choses ;-)
Rédigé par: CéD | 26/02/2007 à 22:08
J'avoue que je me reconnais pas mal dans ton article et dans ta "perplexitude"...
Mon coeur balance naturellement à gauche mais j'ai un blocage par rapport à Ségo.
Alors encore une fois, je ne voterai pas par conviction profonde (et j'ignore si ce sera pour Ségo), mais plutôt pour éviter à d'autres de faire des voix...
A bientôt F&B
>>Oui, c'est sur. Moi j'ai la hantise de voir Le Pen arriver au premier tour. Mais je crois que la France a eu suffisamment peur la derniere fois, alors on va espérer qu'on n'ait pas un second choc. Sego a fait des progres ces derniers temps je trouve, ca s'améliore. Mais il y a encore du chemin à faire!
Rédigé par: Gajulie | 27/02/2007 à 20:11
Alors ... Comment ça la France va mal ? Où t'as vu ça ? Moi je trouve que ça va plutôt bien (méfie toi des informations relatées dans les médias)
Ensuite, j'ai toujours adoré la politique, j'ai toujours voté à gauche mais là ... Pfffff ! Ca me saoule complètement, c'est à dire je ne suis rien du tout.
Et puis je ne voterai pas non plus parce que je n'ai pas d'opinion et que je n'ai pas envie de donner mon bulletin à qui que ce soit (et puis c'est les ponts, je suis en vacances !).
Ma prédiction : Sarko - Le Pen en finale, les 2 qui parlent le mieux et qui jettent de la poudre aux yeux.
>>Alalala :) Je ne saurai pas t'expliquer en deux mots pourquoi la France va mal mais c'est de maniere unanime le sentiment des francais expatriés une fois qu'ils ont eu la chance de comparer avec d'autres pays sur divers points. Mais bon, moi ca fait depuis très très longtemps que j'ai ce sentiment là, bien avant qu'il apparaisse dans les médias d'ailleurs.
Ne pas voter, c'est un concept avec lequel je préfère le dire franchement, j'ai beaucoup de mal. Quand on a la chance d'avoir le droit de vote; le droit de donner son opinion, il faut la saisir, quitte à voter blanc, mais au moins faire le geste. Bien qu'expatriée je ne pourrai pas ne pas faire le geste de mettre mon vote dans l'urne, je me sens trop concernée par le devenir du pays.
Rédigé par: Ben | 01/03/2007 à 21:57